Mon bébé,
Lorsque papa a senti la bosse dans mon sein, mon cœur s’est serré et la peur s’est immiscée en moi. Comment ce sein qui te nourrissait jour et nuit pouvait aussi cohabiter avec la maladie ?
J’étais seule avec toi lorsque le médecin m’a contactée. Il m’a dit : « Je suis désolé, mais cette masse est malheureusement porteuse de cellules cancéreuses ». Mes genoux ont plié, je me suis écroulée et j’ai tant bien que mal tenté de ramasser les miettes de mon cœur sur le plancher.
J’ai crié fort, très fort. Je t’ai serré tout contre moi et j’ai pleuré. Tes petits yeux insouciants m’ont scrutée un instant avant de se mettre, eux aussi, à pleurer. Je t’ai mis à mon sein, celui qui portait le mal, mais qui te donnait aussi la vie.
Puis on m’a annoncé que je ne pouvais plus t’allaiter. Quelqu’un avait décidé que c’était terminé, que je devais tout arrêter. J’ai eu mal, tellement mal. On m’enlevait le droit de te nourrir, de te donner le meilleur de moi, de te donner mon amour lacté. On coupait drastiquement ce lien qui nous unissait ainsi que tous ses bienfaits.
Bel amour, par la suite, toutes les nuits, je suis allée te murmurer que j’allais me battre pour toi, pour nous. Que je trouvais la vie si injuste de nous faire ça. Que toi, mon bébé à moi, tu ne méritais pas ça. Comment peut-on être soudainement confrontée à la mort lorsque l’on vient tout juste de porter et de donner la vie ?
Tout au long de mes traitements, ta as été ma force, ma lumière, mon courage. Tu m’as aidée à rester debout, toi, qui ne savais même pas encore marcher. Grâce à toi, j’ai gardé les pieds bien ancrés. Tu as calmé mes peurs, mes angoisses, en me ramenant constamment dans le moment présent. Celui du rôle de maman, ta maman.
Angoissée à l’idée d’être opérée, je me suis accrochée, apaisée à l’idée cela allait me donner la chance de rester.
Pour continuer de te voir grandir et espérer nous voir vieillir ensemble.
Je t’aime.
Maman
Même chose ici. J’ai senti ma bosse à 7 mois de grossesse. J’ai exigé des examens le lendemain de l’accouchement. Les médecins ne faisaient rien pensant à une mastite. Maintenant ma fille a un an et mes plus vieux 3 et 5 ans. J’ai eu de la chimio intraveineuse (en plein confinement), chirurgie (mastectomie) et maintenant j’ai de la chimio orale. On est plus forte que l’on pense. La chimio n’est VRAIMENT pas comme dans les films. Courage!